[12: Revue de l'Instruction publique, 6 juin 1856; réimprimé dans les Essais de critique et d'histoire.]
[13: Souvenirs de jeunesse.]
[14: Lettre à Paradol du 30 octobre 1851.]
[15: Voici le texte complet de cette note de M. J. Simon, note du dernier trimestre de la troisième année: «M. Taine est un esprit distingué qui, tôt ou tard, fera honneur à l'École par des publications d'un ordre sérieux. Son travail de toute l'année a été opiniâtre. Je l'ai trouvé, au commencement, dans un courant d'opinions et dans des habitudes de méthode et de style que je ne pouvais approuver. Il a fallu lutter pendant plusieurs mois, mais enfin j'ai obtenu de lui la plus grande docilité sous tous les rapports et, à partir de ce moment, ses progrès ont été considérables. Je crois l'avoir mis sur la bonne voie, et, en tout cas, lui avoir fait comprendre la véritable situation d'un professeur de philosophie. M. Taine, dans sa tenue et dans sa conduite, sera partout irréprochable. Il aura de l'autorité sur ses élèves. Il a, dès à présent, un véritable talent d'exposition. Je souhaite qu'il reste fidèle aux habitudes de simplicité et de circonspection que je me suis efforcé de lui donner, et je l'espère.»
M. Saisset disait de son côté: «M. Taine a déployé dans les expositions orales un esprit net, souple, fertile en ressources, parfaitement doué pour l'enseignement. Dans l'épreuve des dissertations écrites, M. Taine est encore au premier rang par le nombre et le mérite de ses travaux. J'ai cru y reconnaître un désir sincère et un effort énergique pour se corriger de son défaut principal, qui est un goût excessif pour l'abstraction. Ses dernières compositions montrent un sentiment plus vif de l'observation et de la réalité des choses, et le style a perdu sa raideur et sa sécheresse pour acquérir du mouvement, de l'animation et une certaine élégance. M. Taine a besoin d'être encouragé et tenu en bride. Il est l'espoir du prochain concours.»]
[16: Ce rapport n'a pu être retrouvé ni au ministère de l'Instruction publique, ni aux Archives nationales; les dossiers de Taine ont également disparu. On trouvera, dans le beau livre de M. Griard sur Prévost-Paradol (Paris, 1894), une lettre de Paradol du 7 septembre 1851, où il raconte en détail les péripéties de l'examen, et une protestation contré le jugement du jury parue dans la Liberté de Penser, t. VIII, p. 600.]
[17: Je tiens tous ces détails d'un des membres du jury, M. Bénard. Paradol, dans la lettre citée plus haut, parle avec admiration de cette «brillante et savante leçon»;—«je ne le connaissais pas encore, dit-il, si souple, si nerveux, si clair et surtout si à son aise. Il était là le maître, et il y avait un peu de respect dans l'attention qu'on lui prêtait. Il a la parole très régulière et cependant très animée; il y a dans son débit une chaleur contenue, une flamme intérieure qui donne la vie à tout ce qu'il touche.»]
[18: Ces lignes du 24 mars 1852 se trouvent dans une lettre de remerciement à M. E. Havet qui lui avait envoyé à Nevers son édition des Pensées de Pascal: «Votre livre vient de me rendre pour une journée à la vie et au monde… Ce sont là les livres nécessaires. C'est faire œuvre politique et travail de convertisseur que les écrire; c'est montrer de nouveau, comme dit Michelet, la face pâle de Jésus crucifié. On masque et on défigure le monde passé, et il n'y a que ceux qui ont vécu dans les poudreux in-folios des Pères, qui le connaissent dans toute son horreur. Les Jansénistes sont les vrais écrivains du christianisme… Ce sont les fidèles disciples de saint Augustin et de saint Paul, et Pascal, en homme sincère, parle comme eux de cette masse de perdition, de cette prédestination fatale, de cette infection de la nature humaine. Nous frissonnons en lisant Dante, et le Dante est doux et modéré, en comparaison des effroyables traités de saint Augustin sur la Grâce, et de cette dialectique invincible qui précipite le monde dans l'Enfer. Je ne sais si vous y avez pensé, mais votre livre est un admirable traité de polémique.»]
[19: Il écrit encore le 18 janvier: «Voici un paysan sur sa terre; il est stupide et l'ensemence mal. Moi, qui suis savant, je lui conseille avec toute raison de faire autrement. Il s'obstine et gâte sa récolte: je fais une injustice si j'essaie de l'en empêcher. Voici un peuple qui décide de son gouvernement. Comme il est bête et ignorant, il le remet à un homme d'un nom illustre qui a fait une mauvaise action et qui le conduira aux abimes, et de plus il s'ôte lui-même ses libertés, ses garanties, le moyen de s'instruire et de s'améliorer. Je suis désolé et indigné; je fais par mon vote tout ce que je puis contre une pareille brutalité. Mais ce peuple s'appartient à lui-même, et je fais une injustice si je vais contre la chose sainte et inviolable, sa volonté». Il conclut le 5 février 1852: «Tu vois maintenant que l'homme qui règne a des chances pour durer. Il s'appuie très ingénieusement sur le suffrage universel qui ne lui demandera pas de liberté, mais du bien-être. Il a le clergé et l'armée; ajoute le nom de son oncle, la crainte du socialisme, les opinions opposées entre elles des partis ennemis. Par conséquent, la vie politique nous est interdite pour dix ans peut-être. Le seul chemin est la science pure ou la pure littérature.»—On trouvera dans le livre de M. Gréard les lettres éloquentes où Paradol discute avec Taine ces questions de politique et de morale.]
[20: Lettre du 28 mars 1852. «Un polisson de seize ans, noble et jésuite, qui l'an dernier était le premier, étant tombé au-dessous du dixième, s'amuse à dire que j'ai fait l'éloge de Danton en classe, et venge sa vanité blessée par des calomnies. Les cancans brodent là-dessus et je suis obligé de me justifier auprès du recteur. Il est vrai que mes quinze autres élèves m'aiment, ont demandé au recteur de me conserver jusqu'à la fin de l'année, et auraient voulu rosser l'Escobar au maillot. Mais ce petit coquin est un trou à ma cuirasse, et quoique je fasse, je serai bientôt blessé par toutes les flèches qu'il me tirera.»]