Me voudra faire ce plaisir de t'aller voir.
Et cependant qu'à travers bois et prés et plaines,
Il s'en ira vers toi le divin messager,
Jamais las du voyage à toujours voyager,
Il boira le parfum des fleurs et leurs haleines!
Et quand il te dira ces vers tout palpitants
D'avoir couru si vite au creux de ton oreille,
Tu connaîtras la joie immense et non pareille,
De manger de mon âme en buvant du Printemps.
Ces vers écrits, tel Démosthène (sans toutefois l'inutile précaution des cailloux) je les déclame à la mer bleue. Après quoi, me sentant pris d'un vague sommeil, je m'assoupis au murmure berceur des vagues. Mais il paraît que je n'ai pas encore à l'endroit du soleil l'indifférence d'un lazzarone, car j'éprouve un réel malaise à la caresse des rayons dont m'inonde le ciel, et mis sur pied dans un clin d'œil, je m'achemine vers la Terrasse du Café de Paris.