Chez M. Bérard, en 1829, exempl. rel. m. bl., n° 542 du catalogue, vendu 221 fr.
Nous pourrions citer beaucoup d'autres prix, mais inférieurs, tels que 163 fr., 130 fr., 128 fr., etc. (Extrait de notre *Bibliographie Spéciale* des Elzévirs de choix, les plus précieux, et les seuls dignes de figurer dans le cabinet d'un véritable amateur; ouvrage encore inédit, présentant la description, condition et valeur des plus beaux exemplaires adjugés dans les ventes les plus remarquables depuis 1738.)]
[9: Cette strophe en rappelle une plus ridicule encore, qui fait partie d'un hymne ancien en l'honneur de S. Christophe dont la statue colossale était jadis à l'église Notre-Dame de Paris. De quel siècle est cet hymne? Nous l'ignorons; mais on va voir que la latinité des Santeuil de ce siècle différait beaucoup de celle de notre Santeuil moderne:
O magne Christophore,
Qui portasti Jesu-Christe
Per mare Rubrum
Et non franxisti crurum!
Sed hoc non est mirum,
Quia tu es magnum virum.
Nous avons vu des actes latins des Xe et XIe siècles, où les règles de la grammaire sont observées comme dans cette strophe.]
[10: Ce cardinal, l'une des illustrations littéraires du XVIe siècle et qu'on regarde comme le restaurateur de la bonne latinité, était si scrupuleux sur la pureté de son style, qu'il avait, dit-on, dans son cabinet quarante tiroirs par lesquels il faisait passer ses écrits à mesure qu'il les avait corrigés; et il ne les publiait qu'après qu'ils avaient subi ces quarante épreuves épuratoires. Ce rigorisme de longue épuration de style ne conviendrait guère aujourd'hui, époque où l'on desserre chaque jour volume sur volume avec une telle rapidité que le premier tiroir du cardinal serait vraiment superflu.]
[11: Sannazar avait pris le nom d'Actius Sincerus à la sollicitation de Pontanus qui, lui-même, avait changé son prénom Jean en celui de Jovianus, lorsqu'il fut élu Président de l'Académie Napolitaine. C'était alors l'usage parmi les gens de lettres.]
[12: Il avait cependant été mis, ainsi que celui de Tite-Live, dans toutes les bibliothèques publiques, du temps des empereurs; il n'y a que ce brutal et insensé Caligula qui eut l'idée de les ôter et de détruire les ouvrages de Virgile; ce n'est certes pas la moins absurde de toutes ses extravagances.
On a parlé dans le Musée des familles, 1838, tom. V, p.221, d'un portrait de Virgile, que l'on dit le seul authentique et qui aurait été copié sur un manuscrit des œuvres du poète, datant du IVe siècle; cette copie qui appartenait d'abord à l'abbaye de Saint-Denis, serait passée dans la bibliothèque du Vatican. Il suffit de lire cet article et surtout les détails de la physionomie, pour être convaincu que ce n'est point là le portrait de Virgile; c'est une espèce de caricature hideuse, griffonnée et enluminée dans le moyen âge. L'auteur finit ainsi sa description: «La tête a la forme triangulaire d'un van; le front imite la partie la plus large, le menton la plus étroite, une expression moutonnière règne dans l'ensemble de son visage; on dirait qu'un bêlement va sortir de la bouche …» L'article du Musée est écrit avec beaucoup d'érudition; il nous semble que l'auteur, au lieu d'admettre l'authenticité d'un tel portrait, eût mieux fait d'employer son érudition à la combattre. Au reste l'opinion générale est bien prononcée sur l'impossibilité d'avoir un vrai portrait de Virgile.]
[13: Voyez plus loin une note sur l'indication des ouvrages à gravures où est représentée cette ruine.]