—Vingt-deux et vingt-deux font quarante-quatre. J'en prends quarante pour moi; il vous en reste quatre... et vous les passerez à la salle de police.
Pauvre Tap-Tap! C'est peut-être, au demeurant, un bon garçon sous une rude écorce. Victime d'une hostilité de par trop rigoureuse, il a, sans doute, des beautés morales ignorées.
Alors que ceux qui se jouent de son souvenir partagent la gloire du métier militaire et ses douleurs sans en connaître jamais la basse amertume, qui sait s'il n'a pas, songeant à ses anciens bleus, murmuré:
—Ce sont de braves, d'admirables garçons!
Il est vrai que, juste réciprocité, une voix de la cote 304, qui semble être celle de la reconnaissance, a dit, en forme de conclusion:
—Le père Tap-Tap, c'est grâce à des types comme ça qu'on reprendra l'Alsace et la Lozère!
EXÉGÈSE DE CERTAINES PHRASES
MILITAIRES
Voici des mots plaisants et cruels, ceux que l'on jette dans la mêlée, avec violence, afin qu'ils rebondissent, de vallons en vallons, jusqu'à l'arrière, et qu'ils y éclatent grenades insolentes, à la face du profiteur de la guerre et du bourgeois suralimenté.
D'un métal étincelant et sonore, ils ne perdent, à l'usage, aucune de leurs qualités vigoureuses.
«On les aura... les pieds gelés!» exprime à la fois la certitude d'être vainqueur et celle de ne recueillir du noble effort généreusement accompli que des misères et des souffrances. Qu'on les ait, celui qui lutte n'en peut douter. Pourquoi se battrait-il, s'il n'avait la certitude du succès? Il est assuré d'y avoir, également, les pieds gelés.