» Lui : — Célimène, mademoiselle, y pensez-vous ! Mais c’est une dévoreuse de cœurs ! une cannibale ! C’est l’éternel bourreau !

» Ah ! voilà bien les femmes !

» Non, non, mesdemoiselles, ne soyez jamais des Célimènes. Soyez des femmes, aimez, soyez aimées.

» La femme, voyez-vous, il n’y a que ça. C’est l’être de « boté », de toutes les « botés ». Et je ne parle pas de cette « boté » fade et conventionnelle, mais d’une « boté » saine et habitable…

» Heureusement il n’y avait pas de lune ! Curieux, tu voudrais bien savoir de quoi nous avons rêvé cette nuit-là.

» Je te réserve le trait de la fin, un trait monstrueux qui te donnera l’idée nette du stoïcisme sèvrien :

» Victoire Nollet (tu sais ce chronomètre à siphon), a perdu brusquement sa petite sœur. On est venu la prévenir quelques instants avant de faire sa leçon d’histoire. Elle est allée tout droit chez Mme Jules Ferron et lui a dit :

»  — Madame, ma sœur vient de mourir, voudriez-vous me permettre de partir après avoir fait ma leçon.

» Mme Jules Ferron lui a serré la main.

» On admire beaucoup ici cette énergie, que moi j’appelle du sans-cœur !