» Calypso de s’étonner : Vous êtes donc fiancée, mademoiselle ?
» — Comment, je ne vous l’avais pas dit, fis-je, mais à l’École nous sommes toutes fiancées ; c’est même une condition, sine qua non, pour y entrer. Pas de fiancé, pas de poste. Mme Jules Ferron veut que Sèvres soit une maison de rosières, et qu’au sortir d’ici, chacune ait son époux.
» C’est merveilleux ! Quelle prévoyance ! Moi qui croyais qu’en France, les filles sans dot ne se mariaient pas.
» — Comment donc, reprend Adrienne qui corse la plaisanterie, mais tous les jours nous refusons des maris. Nous nous marions par devoir, pour régénérer la Patrie, par la parole et par l’action.
» — Bravo, mesdemoiselles, c’est très bien ; mais où donc sont vos bagues, dit-elle méfiante.
» — Ça ne se porte plus, c’est rococo. Il n’y a que Charlotte qui montre la sienne, et puis Hortense, ça lui rappelle Ugène.
» — Qui épousez-vous, ma tendresse ?
» — Oh ! moi, je n’ai pas d’ambition, j’épouse un épicier. J’aurai de la science pour toute la famille, je ne lui demande que de fournir le sucre et la chandelle.
» Calypso fit la moue, trouvant mon choix peu distingué.
» — Et vous, Mlle Verneuil ?