» — J’épouse un artiste.
» — Tant mieux, l’art dans la vie, Platon a dit…
» — Et moi, devinez, interrompt la belle Chantilly.
» — ?…
» — Un professeur, ma chère ; rassurez-vous mesdemoiselles, il n’est pas de la maison. Mlle Triel épouse un sonneur de cloches, parce que son âme angélique baigne dans les ondes musicales. Juliette sera la femme d’un ouverrier, Hélène d’un soldat, et celle-ci d’un astronome.
» — Bigre ! fit Calypso qui n’ignore pas les beautés de notre langue ; mais quand voyez-vous votre bon ami ?
» — Quand nous voulons ; il vient, on envoie à Mlle Lonjarrey une fiasquette de rhum, tout est dit.
» Le lendemain, Calypso m’a montré le carnet d’observations, qui doit lui servir à dresser son rapport au roi Georges, j’y ai lu ceci : Originale et profonde loi de cette École : la Directrice exige, par prudence pour l’avenir, et pour adoucir la vie laborieuse et sévère des Sèvriennes, qu’elles possèdent chacune un fiancé. A mes yeux, l’innocence de ces jeunes filles est une parure de plus.
» Comme je la voyais inquiète, elle me dit :
» — Croyez-vous, Berthe, qu’il puisse m’arriver ce qui est arrivé à la Sainte-Vierge ?