Mme Jules Ferron doit me trouver bien lâche de vivre avec ma douleur ; elle m’a dit des mots que je n’ai pas compris ; au bonsoir, elle me tend la main et ne me parle pas.

8 juin.

Je redoute de sortir. La joie de la terre me pénètre et m’alanguit.

Cette fête nuptiale des eaux, du ciel, des arbres, dans la lumière glorieuse de l’été, a pour moi l’amertume d’un charme, qui me lie à des désirs sans nom.

Autour de l’École, les jardins embaument ; leur odeur me grise, ils ont l’odeur voluptueuse d’êtres vivants.

Je ne passerai plus sur la terrasse, l’odeur suffocante des lilas et des sureaux me brûle le sang, la fièvre me dévore jusqu’au creux des mains.

12 juin.

Je veux saisir la destinée à la gorge,

Il est si beau de vivre mille fois sa vie.

Beethoven.