Qu’est-ce seulement que notre vie ? Expiation ou perfectionnement ?
A-t-elle un sens même ?
Notre destin est-il écrit, notre liberté se borne-t-elle à l’accomplir magnifiquement ? Est-ce que notre valeur d’individu ne serait pas d’avoir conscience de ce destin, de vivre en harmonie avec lui ?
Je le crois.
Personne n’échappe à sa destinée.
Charlotte avait entrevu la sienne. Tous, nous sommes entraînés vers un but suprême, qui s’impose à notre volonté, comme la vie elle-même, qui subordonne à lui toutes nos forces pensantes, toutes nos forces aimantes.
Voir nettement ce but et le poursuivre, n’est-ce pas élargir la pensée de Mlle Vormèse ; puis-je confondre la vision de mon destin, et la loi qui doit diriger toutes mes actions ?
La mort me force à regarder la vie en face.
Eh bien, ce regret poignant de mourir sans avoir vécu, n’est-ce pas un avertissement de Charlotte ? Suis-je vraiment faite pour cette vie froide, cette vie mutilée, qui sera la nôtre une fois sorties de cette École.
La pensée du devoir accompli me consolera-t-elle ?