— Non. Tout en moi déjà se révolte à la pensée que ces livres me tiendront lieu de tout : que peut-être, ni mon cœur, ni ma chair, ne connaîtront la joie de vivre dans l’épanouissement naturel, la joie de se donner éperdument.

Ce sont des pensées de vie ardente, d’une vie belle de sa force, de sa pureté, qui me hantent, quand je vais m’agenouiller près de Charlotte, et jusqu’au plus profond de ma conscience, retentit une voix mystérieuse :

Vis pour le bonheur !

Vis pour assouvir ta fureur d’aimer.

CHAPITRE XII

SUITE DU JOURNAL DE MARGUERITE TRIEL

15 juin.

Je mène deux vies parallèles. Souffrir, Travailler.

L’étude m’apporte l’oubli, je veux travailler sans arrêt, pour échapper à moi-même.

L’approche de la licence nous harcèle toutes. Dans un mois nous serons en plein concours. Mes compagnes disputent la première place : notre cacique, Adrienne Chantilly, a perdu son rang, il est peu probable qu’un autre examen le lui rende.