Messieurs les Sénateurs, curieusement s’informent :

Quelles sont donc ces jeunes filles ?

D’où viennent ces breaks ?

Pourquoi ces livres, ces serviettes bourrées ?…

Sur la réponse dédaigneuse des garçons, que le mince pourboire de ces demoiselles mécontente, les vieux Messieurs hochent la tête, et, d’un air entendu, dégustant un filet mignon :

« Si jeunesse savait !… avoir vingt ans, et sacrifier à l’a-gré-ga-tion ! »

Les Sèvriennes n’ont que faire de ces doléances. Elles vont, viennent, passent devant les vieux Messieurs, à peine gênées d’être le point de mire de tout le restaurant.

— Ah ! les petites sottes, elles vont nous faire manquer notre dernier déjeuner ! Berthe, regardez-donc sur la porte si les agrégées arrivent. Allons mes p’tits, ne pleurons plus, l’affaire est dans le sac. A table, mesdemoiselles ! Hem ! garçon, n’oubliez pas mon petit flacon.

Le garçon cligne de l’œil, à ce rappel du pousse café, que Mlle Lonjarrey réquisitionne, comme une pitance privilégiée.

Berthe, ravie, file au Luxembourg émietter son pain aux friquets qui s’ébrouent.