15 août.

Je suis reçue. Sans mon épreuve d’allemand, qui fut médiocre, j’arrivais première. Je suis seconde. Ce soir, si Elle était là, je serais heureuse.

Je suis lasse, si lasse…

Cher journal je te ferme, à quoi bon raconter mon âme,… oh comme je souffre…

CHAPITRE XVII

FENÊTRE OUVERTE SUR LA VIE

Depuis quelques minutes le cours de Droit est commencé. Les plumes griffonnent.

L’air d’automne est chargé de silence, le moindre bruit, à cette heure tardive, résonne avec une pureté de cristal : c’est un pas vif qui fait crisser le sable, un autre martèle l’asphalte des douves ; c’est un oiseau solitaire, qui lance une dernière roulade, avant que le soleil ne se blottisse, sous l’aile frissonnante d’un obscur coteau.

Rien ne trouble la sérénité du crépuscule, immense voile de pourpre qui s’accroche aux feuillages, comme le velum déchiré d’un théâtre antique.

Un grand apaisement s’est fait dans la classe, où les lueurs roses du soir donnent à quelques visages, proches des fenêtres, un éclat de sanguines ; des reflets teintent l’ombre où se noient de lointains visages blancs.