C’est une date, dans leur vie d’École, que ce jeudi, où M. Legouff, doyen de l’Académie, grand homme qui lança Sèvres, resserra par quelques paroles aimables, les liens qui l’attachent aux Littéraires de troisième année.
Qui assistera à sa conférence ?
« La Veuve » l’accompagnera-t-elle ?
Que non ! Les Sèvriennes savent bien la mésintelligence qui les sépare, Mme Jules Ferron ne se dérange jamais pour M. Legouff. Mais Mlle Ladièze et cette bonne Lonjarrey, on les attend.
Quand Mlle Ladièze, actrice honoraire, professeur de diction, entra, ce fut autour d’elle l’envol d’un essaim curieux, qui voulait savoir et ceci et cela.
La grosse demoiselle, essoufflée, d’un geste las, comme chez Molière, écarta ce harcèlement.
Mlle Ladièze est une amie de M. Legouff. C’est à lui qu’elle doit ce couronnement d’une carrière artistique restée virginale : l’entrée de Sèvres. Malgré ce haut patronage, elle est tenue en suspicion, et Mlle Lonjarrey, qui a de l’esprit, s’en va répétant :
Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille.
Les Sèvriennes goûtent la bonhomie de Mlle Ladièze, dont le visage bouffi, couperosé, garde l’affreuse mâchure de l’onguent et du fard.
Qui retrouverait, dans cette ruine pontifiant à la chaire, la plus charmante créatrice des œuvres de Dumas fils, celle qui, en un temps, effaça les regrets que laissait Rose Chéri ?