Avec redingote grise.
Un souffle passa, mouillant ces yeux qui fleurissaient sous le regard du lecteur, et certes plus d’une répéta dans la suite :
Quel beau jour pour nous.
— D’autres poètes, dit-il, ont chanté le peuple, mais ils n’en étaient pas. Béranger en était. C’est du peuple qu’il sortait, il n’a jamais cessé d’être en relations intimes avec lui. Je l’ai vu, plus d’une fois, dans sa très modeste salle à manger, avec sa houppelande de petit bourgeois du Marais, à côté de son poêle de fonte, déjeunant en compagnie de quelques artisans en veste de travail, ou d’une ouvrière au bonnet rond.
Quelle vérité d’accent, quelle intensité d’expression, quand il parle des humbles. Je n’en veux pour preuve que Jacques !
Sur ces derniers mots, Mlle Ladièze fait sa rentrée, mais lui coupant le souffle, tout au plaisir d’émouvoir encore une fois ses élèves, M. Legouff fredonne presque, avec de petits hochements las, de petits gestes vieillots, la voix tremblotante :
Lève-toi Jacques ! lève-toi,
Voici venir l’huissier du roi.
C’est un prodige du lecteur, du « premier lecteur de France », car voici l’âme du poète qui passe faisant pleurer les enfants et le maître.
Durant toute l’heure, M. Legouff fit présent de ses souvenirs, détaillant pour les Sèvriennes, quelques-unes de ces pages historiques où son nom, dans le passé, frôle tant de noms illustres.