Pauvre Henri ! Qu’attend-il de moi ?
Je ne sais plus où je suis, cette route funèbre, ce cloître, lui si pâle qu’il semble avoir donné son sang goutte à goutte.
Tout mon être défaille.
Je vais donc la revoir, l’approcher encore. Les mots s’étranglent dans ma gorge, je répète ce nom, le sien, qui tant de fois, depuis un an, s’est uni à celui de Charlotte.
Henri m’a fait entrer dans une grande salle nue, crépie à la chaux. Le jour tombe très blanc, éclairant quelques statues emmaillotées de linges. Le sceau, l’ébauchoir, traînent près d’une motte de glaise ; quelques chaises, une table ; au milieu de dessins la dernière photographie de Charlotte, toute fleurie de violettes.
Quel refuge pour vivre avec une morte ! Comme il a dû l’aimer.
Mes yeux cherchent ; en tremblant, avec une voix que je ne me connaissais pas :
— Où est-elle ?
Un voile tombe.
La voilà.