C’est une coutume chère à M. Legouff, de réunir quelques élèves, autour d’une tasse de thé, pendant l’hiver, et de recevoir, à sa maison de campagne, les Sèvriennes qui lui agréent.

L’autre dimanche, Marguerite Triel et Jeanne Viole, sont venues ; c’est aujourd’hui le tour de Berthe et de Victoire.

Sans doute, les invitations se borneront-là ; l’examen est si proche.

Les oubliées en ont le cœur gros.

A Sèvres, on s’est pris tout de suite à aimer M. Legouff, pour la bonhomie de ses entretiens, son abord facile, pour cette mémoire du cœur si surprenante chez un vieillard.

Avant de partir, chacune voudrait lui dire, oh sans phrases, ces mots qui remercient, ces mots de souvenir et de gratitude, ancre jetée d’une main sûre, dans les parages qu’on ne reverra plus.

De leurs fenêtres, les Sèvriennes guettent le retour de leurs compagnes ; quelles reliques vont-elles rapporter ? fleurs, livres, ou portrait ? Auront-elles vu, à la table de famille, le petit-fils musicien, prix de Rome, ma chère, ou bien le peintre qui expose au salon, peut-être aussi l’auteur de l’inoubliable Champignol malgré lui ?

Décidément ce soir-là, on est un personnage !

C’est la maison paternelle, que cette maison des champs, où les petits-fils et les arrière petits-fils vivent autour de l’aïeul ; comme dans une chesnaie vigoureuse, les jeunes plants nouent leurs racines, aux racines du vieux chêne.

C’est la maison dont :