Le toit s’égaie et rit de mille odeurs divines.
Où, le dernier petit, mal campé sur ses trois ans, gazouille à en perdre la tête, frisant de ses menottes l’herbe haute comme ses doigts.
Au seuil d’un petit bois, se dresse la maison blanche, sous le treillis des glycines et des roses. Les volets clos laissent au logis, la fraîcheur des gazons mouillés, l’odeur sereine des arbres, le parfum des larges clématites, qui étoilent l’arche des portes.
Le vent en passant, jette une fuselée d’eau sur les marches branlantes, un tantinet verdies, car la maison est vieille.
Elle est plus vieille encore que M. Legouff, et comme lui fidèle au temps passé. Elle n’a pas de style, et ne rappelle en rien ces logis qu’on aimait au XVIIIe siècle, tout de rocailles, de trumeaux : une bâtisse lourde, trouée de fenêtres inégales, aux vitres décolorées. Des meubles de la belle époque de M. Guizot, acajou et reps, guéridons trapus ; Estelle et Némorin sous le globe des pendules ; lits étroits dans les alcôves ; portraits graves de messieurs « à toupets » cravatés de blanc ; de vieilles dames à « repentirs » s’étudiant à pincer la dentelle d’un mouchoir…
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M. Legouff a pris son panama, Berthe et Victoire leurs ombrelles ; ils sont partis vers le petit bois.
Les arbres ne sont pas hauts, mais les ramilles touffues plafonnent des allées charmantes ; dans les recoins, au dessus des tables, les charmilles bouffent en jupe légère.
Les feuilles, encore fraîches, ont une transparence d’émeraudes filtrant le soleil ; à peine alourdie par l’été, la vie bourdonne, butine, vole, murmure, exhale son odeur : l’âme des choses erre souriante à travers la verdure.
— « Et je plante encore, à mon âge… » dit M. Legouff en désignant de son parasol une pépinière d’arbrisseaux. « Chaque fois qu’il nous naît un enfant, je plante un arbre ; voyez comme mon Jacques pousse, celui-ci, c’est Antoinette, cet autre, mon petit Jean. »