Étendue sur ma natte, je rêve à des choses mal définies ; c’est un brouillard, un brouillard étouffant, je me réveille, je ne sais plus ce qui m’a fait pleurer.
Je crois que je pleure sur moi-même.
20 juillet.
Ouf ! l’examen est fini.
Je ne suis pas mécontente de moi ; j’ai aimé ce sujet entre autres : « Ah ! qu’il est difficile d’être content de quelqu’un. »
31 juillet.
Je passe presque toutes mes heures de sorties avec mon ami ; nous allons dans les bois, ou bien il m’emmène voir les Musées qu’il fréquente.
Quel repos pour l’esprit, que ces promenades dans le royaume de la beauté, avec lui pour guide.
Il s’emballe sur une ligne, une couleur, une expression ; à grands traits, avec des gestes qui semblent modeler la vie, il me fait comprendre et admirer l’art de Vinci, de Rembrandt, de Velasquez.
Longuement au Louvre, nous avons regardé les Carpeaux : la ronde furieuse des Bacchantes m’a paru un morceau prodigieux dans la sculpture moderne, si près de la nature et de la vérité.