Cette admiration, qu’il sait me faire partager, nous rapproche encore ; voilà maintenant nos esprits qui se saisissent, il y a longtemps que son cœur est maître du mien.

— Au revoir, m’a-t-il dit hier, vous emportez ma joie, quand vous reverrai-je ?

Demain peut-être, je lui dirai adieu !

1er août 189 .

Joie, joie, je suis admissible et c’est lui, lui Henri, qui me le télégraphie de la Sorbonne.

Oh ! il m’aime, comment douter maintenant !

Ses lèvres, ses yeux, je les retrouve partout, et je brûle et j’ai froid ; toute ma jeunesse crie vers lui.

Rien que des images voluptueuses autour de moi ! Dans le ciel, des nuages comme des bras inassouvis étreignent la nue ; la grande fleur mystique du jet d’eau s’enroule en flocons neigeux ; des ailes battent frémissantes, des oiseaux s’aiment dans ce nid ! L’odeur des lys et des roses me suffoque. Une sève ardente me consume, et je me désespère, la nuit, de ne point délier ces lèvres que j’adore.

2 août.

L’amour me torture. L’image de Berthe ! quel souvenir ! je suis le Faucon qui là-haut tournoie au-dessus de sa proie. M’abattre, me gorger de baisers !