— C’est vrai, et vous m’avez répondu, Henri : « notre destinée est la même, beaucoup s’égarent, mais ceux qui sont mûrs pour l’amour, ne lui échapperont pas ».
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— Marguerite, c’est votre destinée, suivez-la ; j’ai voulu que l’adieu de votre ami fût pour vous, le rappel d’une espérance, aimez, soyez heureuse… Il n’acheva pas, ses yeux, qui me suppliaient, se fermèrent, il tomba en sanglotant.
— Henri ! Henri, qu’avez-vous ?
Je vous aime, vous ne savez donc pas que je vous aime ?
Près de lui, à genoux, je me suis serrée, déliant ses bras, cherchant son visage, buvant ces pauvres larmes que je ne comprenais pas.
Il m’a prise tout contre lui, oh ! son cœur entrait dans ma poitrine, tout son être mordait le mien.
Ses lèvres cherchèrent un instant les miennes, et sa voix, une voix rauque, blessée. — Je t’adore, tu es ma bien-aimée, tu es celle que je veux ! Marguerite, j’ai faim de ton cœur, de ta chair… Mais va-t’en, va-t’en donc, tu ne vois pas que je blasphème : elle ne veut pas qu’une autre soit ma femme.
D’un bond, je lui échappe ; qui, Elle, Charlotte a fait ça !
Cruelle, tu as brisé sa vie, tu défends à une autre de prendre ta place, et tu ne lui défends pas d’aimer. Mais non, c’est impossible.