8 octobre.

Joie, joie, j’ai revu d’Aveline. Il a été charmant.

10 octobre.

Nos cours s’organisent, je voudrais de suite noter mes impressions.

Mais j’ai trop de choses à voir, à retenir ; mes yeux sont éblouis par le spectacle d’une vie si différente de celle que j’ai menée jusqu’à présent. Je me crois encore le jouet de quelque rêve merveilleux.

12 octobre.

Aujourd’hui dimanche, j’ai à moi quelques heures de solitude, amusons-nous, m’ami.

Adrienne Chantilly notre « cacique » (mot barbare qui nous vient de la rue d’Ulm et signifie la première de notre promotion) nous a reçues hier dans sa chambre algérienne. Nous avons pris le thé, dans un décor de bazar, embaumant, un peu trop, les pastilles du sérail.

A mon avis, elle est intelligente, mais beaucoup moins que la réclame l’affirme. C’est un esprit surfait. Elle est séduisante, et je me rends parfaitement compte que, dans l’attrait qu’elle exerce sur nos professeurs, il y a un je ne sais quoi qui n’a rien d’intellectuel !

Elle me fait des avances, mais je me tiens sur la réserve ; c’est humiliant et douloureux d’abandonner la main qu’on avait prise trop vite.