C’est tout pour cette fois, mesdemoiselles…

Mlle Lonjarrey s’éloigne, Mlle Vormèse console les malchanceuses, et sur le parc, un instant bouleversé, la nuit se remet à tisser l’éternelle toile d’oubli…

....... .......... ...

— Eh bien, chérie, quel poste demanderas-tu ?

— Aucun, Berthe, ce soir même je démissionne !

— Tu brises ta carrière ; c’est donc pour ne point le quitter ; oh comme tu l’aimes !

— Je l’adore, tout mon être lui appartient, je ne peux pas partir, où il ira j’irai, ce qu’il voudra je le ferai ; je ne sais plus qu’une chose : maintenant, que j’ai payé à l’École ma dette de succès, l’aimer lui, lui rendre la force de vivre et d’être un grand artiste.

— Alors tu l’épouses ?

— Non, je ne puis l’épouser devant les hommes. Charlotte a exigé de lui un serment. Je l’épouserai en mon âme et conscience, devant Dieu seul.

Si Charlotte, continua Marguerite, très grave, n’avait pas été mon amie, j’aurais supplié Henri de ne pas croire son honneur engagé. Ce serment-là est de ceux qu’on délie, car les morts ne peuvent exiger de nous l’engagement d’une vie, qui ne leur appartient plus.