» Cette révolte est passée.
» A quoi bon vous torturer de mes prières, laisser en vous peut-être, si vous m’exauciez, un regret qui serait un blasphème.
» Nous sommes deux malheureux ; pourtant notre destin ne dépend plus que de nous-mêmes.
» Mieux vaut mourir tout de suite, que de vivre sans amour.
» Mon bien-aimé, je n’aimerai que toi, j’ai besoin du nid, des ailes protectrices et caressantes, tout mon être va vers le tien. Tu es en moi, je suis en toi, je ne veux que toi. Comme je voudrais te dire là tout près, ma bouche sur tes lèvres, mon amour pour toi.
» C’est très grand, va. Je t’aime avec tout ce qu’il y a de meilleur, de généreux en moi !
» Je veux, mon bien-aimé, que tu sois heureux, que tu me doives l’oubli de ta peine ; qu’en moi, tu puises la force sacrée qui aidera ton génie. J’ai foi en ton avenir, je le vois si glorieux.
» Je ne serai point ta femme devant les hommes ; je ne prendrai pas à ton foyer la place vide. Je veux être ta femme devant Dieu, devant ta conscience ; je serai à tes côtés, la compagne effacée, mais loyale et fidèle, de toute ton existence.
» Je suis fière de ton amour, il m’aidera à oublier ce que je t’abandonne ; s’il faut souffrir, le bonheur d’être à toi m’en donne le courage.
» Je n’ai plus ni mon père, ni ma mère. Dès demain je puis vivre et travailler avec toi.