Mais si je tais ce côté sensuel de l’œuvre de Chénier, ma leçon sera celle d’une petite fille. N’ai-je pas le droit, sans fausse pudeur, d’expliquer ma pensée et mes impressions ? Tact, mesure… Que c’est difficile, mon Dieu !
Ah ! les beaux vers :
Là tout aime, tout plaît, tout jouit, tout soupire…
Là parmi les oiseaux, l’amour vient se poser.
Là sous les antres frais habite le baiser…
J’aime me dire à moi-même ces vers, le soir, avant de m’endormir. Ils me bercent, ils appellent les beaux songes.
19 octobre.
Victoire Nollet a horreur de la salle de réunion ; au lieu de venir danser avec nous, elle préfère arpenter, cent fois de suite, le grand couloir glacial.
C’est une heure charmante que celle qui nous réunit toutes dans une même salle.
La pièce est nue, luisante de cire, avec quelques belles gravures, un piano, des meubles cannés, que le frotteur aligne soigneusement aux murs, et que les Sèvriennes éparpillent, chaque soir, en traîneaux sur la glace du parquet.