Jalousement on s’observe, on se défie ; puis d’instinct les groupes se forment, s’isolent. Il n’y a plus que des gens qui vont se battre à la course : jeu terrible dont quelques-unes ne se relèveront pas.
Premier groupe. — Lycée Fénelon.
Celui-là très en vue, le plus nombreux, porte beau.
Une brunette sémillante, de jolie tournure parisienne, Jeanne Viole, interpellant une de ses compagnes, Berthe Passy, sorte de gavroche enjuponné :
— Dis donc, sommes-nous assez Méduses ! Les pauvres petites, elles tremblent à nous regarder. Oui, Mesdemoiselles, c’est nous le Lycée Fénelon, à nous les premières places, à vous les autres… s’il en reste.
— Il nous manque un Suisse, pour nous annoncer, répond l’autre ; entends-tu ça, dans le vieil Amphithéâtre : « Messieurs, le lycée Fénelon, pépinière de l’École de Sèvres ! » Du coup, toutes les ombres des jeunes clercs voudraient revenir composer avec nous.
Un éclat de rire général accueille cette boutade, et Jeanne Viole, heureuse de cacher son émoi, sous ce papotage d’écolière, reprend :
— C’est gentil ce que notre Plumkett a fait hier pour Didi, son chouchou !
— Quoi donc ? est-ce qu’il lui aurait donné des tuyaux sur notre examen, le lâche !
— Mais non, Plumkett, tu le sais bien, est incapable de ça. Il a confié à Didi, avec mille rougeurs, un petit bout de crayon, un fétiche quoi, afin qu’à l’examen, elle retrouve sa note coutumière.