5 novembre, 8 heures matin.

Je n’ai pas dormi de la nuit. Je suis nerveuse, hors de moi. Si j’allais manquer ma leçon, être au-dessous de l’opinion qu’après mon examen d’Aveline s’est faite de moi. J’ai le trac.

Mentalement j’offre une rose aux deux saints que j’aime.

Vite, notons les pages à lire. La cloche sonne, je vois d’Aveline qui cause avec Isabelle Marlotte. Mon Dieu que j’ai peur.

Même jour, midi.

Joie, joie. Il a été content, il m’a dit que c’était bien, il a loué mon tact, l’ingéniosité du plan, la pureté et la simplicité de la parole. Je suis ravie, brave d’Aveline, va, si tu savais quelle force me rendent tes éloges, comme je suis prête à me donner plus encore à l’étude !

Je l’aime, cet homme. Tout de suite une grande paix est entrée en moi ; les yeux de Mlle Vormèse m’ont souri, et je me suis sentie en communion de pensée avec lui, avec mes compagnes.

Mme Jules Ferron a daigné, en passant, me sourire : quel éloge !

Inoubliable jour que celui de ma première leçon de littérature à l’École de Sèvres.

CHAPITRE XI