» Au bout d’un mois, quelques-unes ont bronché, s’apercevant que leurs professeurs exigeaient autre chose qu’une érudition de dictionnaire, et qu’ils se montraient plus sensibles aux traits spontanés, aux réflexions personnelles, qu’aux découvertes trop faciles des bouquineuses.

» Elles sont venues à moi :

»  — Que faut-il faire ? Nous sommes déroutées, notre méthode de travail ne vaut rien ! »

D’une voix nette, détachant les mots, Mlle Vormèse la tête relevée, reprend après un instant de silence :

« Ma réponse, mes chères enfants, s’adresse à vous toutes. Vous avez besoin de réfléchir, de chercher, d’organiser votre vie intellectuelle et morale à Sèvres. — Rappelez-vous une chose, c’est que votre carrière, votre mérite de professeur, dépendront de ce que vous ferez ici.

» Il me semble que l’École vous propose un double but :

» Apprendre à penser ;

» Apprendre à agir.

» Vous devez quitter la maison, véritablement professeurs, c’est-à-dire que femmes d’intelligence et d’énergie, vous saurez diriger les jeunes filles qui chercheront en vous un modèle.

» Celles d’entre vous qui ne sortent pas des lycées où l’esprit de Sèvres rayonne, peuvent, par comparaison, se rendre compte de notre idéal de la femme instruite :