» Ni savante, ni pédante ; un esprit juste, cultivé, qui cherche dans la science, non pas une parure, mais un appui.

» L’École veut préparer des générations de professeurs distingués, soucieux de tous leurs devoirs, soucieux des intérêts supérieurs, qui porteront enfin, dans la vie, une sagesse aimable, une dignité simple.

» Vous trouverez ici toutes les ressources possibles pour votre travail. Il ne dépend que de vous de tirer profit de cette culture libre, forte, que vous donnent vos maîtres.

» Votre travail effacera les « plus » et les « moins » qui vous différencient. Chacune doit s’efforcer d’être elle-même, de garder son naturel, les qualités et les aptitudes qui font sa force. N’imitez personne, ne croyez pas qu’en reflétant l’esprit d’un autre, vous plairez mieux… rappelez-vous ce que dit le bon La Fontaine.

» Si vous êtes découragées par une critique trop dure, ayez l’énergie de vous corriger : bien souvent les défauts qu’on vous trouve ne sont que l’excès de vos qualités.

» Ne vous bourrez pas des miettes d’autrui. Pensez, soyez hardies, allez de l’avant, quitte même à vous tromper ; vous êtes à l’âge où l’on peut se faire une maxime du vers de Musset :

Mon verre n’est pas grand, mais je bois dans mon verre.

» Donnez à votre pensée une forme qui vous appartienne ; forme concise, pittoresque, colorée, éloquente, suivant votre nature. Nous ne tenons pas à vous couler dans un moule identique ; de l’Unité dans la Diversité, voilà la force de notre corps enseignant : la volière chante, écoutez l’harmonie du concert… »

Avec insistance, cherchant les yeux des Sèvriennes :

« Je voudrais bien me faire comprendre de vous, mes chères enfants, être sûre que ces paroles viennent à l’heure propice, qu’elles vous forceront à réfléchir, et à voir, dans l’étude des sciences et des lettres, l’espace le plus magnifique offert à votre pensée. »