» Gardez-vous d’une facile bonté, ce n’est qu’indifférence ou égoïsme.
» Faites ici l’apprentissage de la vraie bonté. Aimez-vous les unes les autres. Cherchez un peu votre bonheur dans le bonheur d’autrui, mais n’attendez jamais de votre prochain ce que vous serez toujours prêtes à lui donner. »
Très émue, Mlle Vormèse se lève ; elle voit qu’un peu de son âme illumine les yeux brillants de quelques Sèvriennes.
« Pardonnez-moi la longueur de cette homélie, mes chères petites. Je vous reçois enfants, mon devoir est de vous aider à devenir femmes droites, intelligentes et fortes.
» Je suis prête à faire mon devoir avec amour, et j’en serai largement récompensée, si vous emportez de notre chère École un souvenir de tendresse et de reconnaissance joyeuse. »
Des visages émus se tournent vers elle, des mains confiantes cherchent la sienne. D’un même élan, les Sèvriennes se groupent avec respect, avec amour, autour de celle qui, la première à Sèvres, a su trouver le chemin de leur cœur.
— Alleluia, chanta Berthe Passy, en dégringolant l’escalier, voilà donc quelqu’un qui nous aime.
Et Marguerite Triel, rêveuse, se mit à chercher, dans le ciel encore nébuleux, l’étoile dont parlait Mlle Vormèse.
CHAPITRE XII
LE JOURNAL DE MARGUERITE TRIEL