25 novembre.
D’Aveline veut-il être indiscret ? il nous a donné en composition littéraire : les feuilles mortes.
Berthe dit que c’est en mémoire des cheveux qui tombent. Cruelle gamine !
« N’y a-t-il pas dans la vie des souvenirs qu’on voudrait jeter au vent comme une poignée de feuilles mortes ? » c’est la belle Chantilly qui nous a fait ce soir cette triste, cette mélancolique réflexion.
1er décembre.
J’ai parcouru cet après-midi la galerie des Antiques, au Louvre ; j’ai voulu commencer par le commencement, et aller admirer les œuvres dont on nous prêche l’admiration.
Avant d’arriver à la Vénus de Milo, à la Diane de Gabie, à la Minerve, que d’Hercules, de satyres, de faunes, de jeunes hommes peu vêtus, j’ai rencontrés.
Tout d’abord, je n’osais m’arrêter devant ces marbres révélateurs ; je passais toute rouge, confuse, m’assurant bien que j’étais seule à contempler les statues grecques.
C’était idiot ; je me suis vertement sermonnée, traitant de préjugé cette fausse pudeur qui me tenait les yeux baissés, ou relevés tout juste, devant une statue d’homme. Alors bravement, j’ai ouvert mes yeux et regardé la nature en face.
Je dois m’avouer pourtant, que cette promenade dans le royaume de la Beauté, m’a légèrement troublée, et que cette chair de marbre ne m’a pas du tout laissée insensible.