Marie suivit la direction des yeux de son amant. Elle aperçut alors deux petites croix de bois qui se penchaient l'une vers l'autre, comme pour se rejoindre, au-dessus de deux tertres couverts de gazon.
— Prions ! dit Marie en tombant à genoux ; Dieu pourrait nous punir d'avoir oublié les morts.
— Marie, s'écria tout à coup François, n'avez-vous pas entendu du bruit ?
— Je ne sais. Mais je ne puis m'empêcher de trembler. Il me semble que la nuit est glaciale. L'obscurité augmente de plus en plus... J'ai peur, François !
— Tranquillisez-vous ; je suis là pour vous protéger, répondit le jeune homme en couvrant Marie d'un épais manteau qu'il avait tenu jusque-là sur son bras.
— Il se fait tard, reprit Marie. Soyons raisonnables, et séparons-nous. Mon père peut rentrer d'un instant à l'autre. Vous figurez-vous bien sa colère, s'il ne me trouve pas à la maison ?
— On jurerait qu'il y a de la lumière dans la tour, interrompit François.
— C'est peut-être un reflet de la lune, dit Marie.
— Mes yeux me trompent rarement, reprit le jeune homme.
Il se dirigea vers l'église.