— Restez ! dit Marie avec un tremblement dans la voix.
— Les ouvriers, continua François, prétendent que ce sont des esprits. Je croirais plus volontiers à la malveillance. Esprits ou malfaiteurs, je vais bientôt avoir sondé ce mystère.
— Ne vous exposez pas ! s'écria Marie en cherchant à retenir son ami.
— Ne craignez rien, répondit-il. Je serai bientôt de retour.
A ces mots, il entra résolûment dans l'église et prit un ciseau laissé là sur le sol par les compagnons, pour s'en faire une arme au besoin.
Marie l'avait suivi dans la nef, en proie à une vive terreur. Elle s'agenouilla sur une dalle et commença une fervente prière. Le jeune homme montait rapidement les marches du petit escalier de la tour.
Arrivé au terme de sa course, son pied heurta contre une masse informe qui lui barrait le passage. Il se baissa et sentit le corps d'un homme sous ses doigts. François ne savait pas ce que c'est que la peur. Il empoigna fortement le bras de l'inconnu et l'entraîna avec vigueur.
— Je te tiens enfin ! s'écria-t-il en prenant pied sur la plate-forme. Si tu n'es pas un esprit de l'enfer, je vais apprendre au moins comment tu te nommes.
Le prisonnier sortit de la pénombre et parut dans un demi-jour. Le jeune homme lâcha sa proie, en poussant un cri de surprise et d'effroi.
C'était Pierre Vardouin.