— Ah ! citoyen, dit-il d'une voix émue, vous êtes jeune !
— Oui, répondit le prêtre. Mais qu'y a-t-il là d'étonnant ?
— C'est que, pour être persécuté à votre âge...
— La République s'est bien défiée des enfants ! dit le proscrit avec mélancolie.
— Vous êtes donc obligé de vous cacher ? demanda Barbare.
— Voilà mon interrogatoire qui commence ! dit le prêtre avec amertume. Tenez, monsieur, si la République a besoin d'une nouvelle victime, je ferai volontiers le sacrifice de ma vie. Mais, au nom du ciel, sauvez les personnes qui habitent cette maison ! Elles me sont chères, et c'est une prière que je vous fais du fond du coeur ! Vous parliez de ma jeunesse ? Eh bien ! vous êtes aussi à cet âge généreux où le pardon est doux et le dévouement facile. Épargnez mes amis. Sauvez-les, et, s'il vous faut du sang enfin, prenez ma vie ! Je me livre à vous !
Barbare devint horriblement pâle.
La jalousie s'empara de tout son être, et un frisson lui glaça le coeur.
— Vous aimez donc bien ce vieillard et cette jeune fille ? dit-il d'une voix étranglée.
— De toute mon âme !