Il chercha ses vêtements dans l'obscurité et s'habilla à la hâte. Le chien ne cessait d'aboyer.

— Diable ! diable ! fit le garde-côte en riant, ils ne doivent pas être loin. M. Pitt reconnaît ses compatriotes. Depuis qu'il est naturalisé Français, il aime les Anglais autant que nous.

— Peux-tu plaisanter dans un pareil moment, Michel ! dit la femme du sergent.

En même temps elle battait le briquet. Une gerbe d'étincelles brilla dans l'ombre.

— N'allume pas la lampe ! dit vivement le garde-côte ; tu nous ferais massacrer. Si les Anglais s'aperçoivent que nous veillons, ils entoureront la maison et nous égorgeront sans brûler une amorce.

— Que faire ? dit la femme avec désespoir.

— Nous taire, écouter et observer.

— Le chien va nous trahir.

— Je me charge de museler M. Pitt.

A ces mots, le sergent entre-bailla la porte et attira le dogue dans la maison ; puis il alla se mettre en observation derrière la haie de son jardin.