—Elle est restée justement à cause de ça!

—Elle est restée parce qu'elle avait peur?

—Oui, que je vous dis!... Ah! c'était une drôle de fille! allez!... et on aurait pu croire qu'ils étaient bien faits tous deux pour s'entendre!... Eh bien! elle a disparu comme les autres!... envolée, volatisée!... c'est à ne pas croire!...

—Elle est peut-être simplement retournée à Paris!...

—Non! j'ai fait mon enquête... Celle-là, je connaissais son nom et j'avais pu savoir où elle habitait!... On ne l'a jamais plus revue!... Elle s'appelait Catherine Belle! et belle elle l'était, en effet!... Ah! un sacré brin de fille! .. Si elle avait voulu, je l'aurais bien débarrassée de son Bénédict, mais voilà, moi, je ne lui faisais pas peur!... Je vous dis que c'est inexplicable!... La première fois que je lui ai parlé, c'était un soir... je rôdais autour du chalet!... Je vois une ombre qui s'en échappe en courant; puis la porte se rouvre et le Bénédict paraît! appelant d'une voix suppliante: «Catherine!... Catherine!...»

»Mais Catherine était restée immobile, cachée derrière une haie de roseaux, à quelques pas de moi, dont elle ne soupçonnait pas la présence... Maintenant Bénédict l'appelait d'une voix de colère, et comme Catherine ne répondait toujours pas, il referma la porte avec fureur.

»Alors, Catherine se releva et courut dans la direction de la gare. Je la suivis et la rejoignis dans un moment où elle s'était égarée dans l'obscurité:

»—Ne craignez rien! lui dis-je... je suis là!... c'est moi le garde, le père Violette... qu'est-ce qu'il vous a encore fait le misérable?

»—Mais rien, me dit-elle... seulement il me fait peur!... Il a, au contraire, été très gentil!...

»Je ricanai...