TABLE DES MATIÈRES
Chapitre
I. [Derrière les rideaux]
II. [Où Bénédict Masson n'est pas au bout de ses étonnements]
III. [N'aurait-elle qu'un métronome sous son corsage?]
IV. [La rouge goutte de sang pèse plus que la mer en
colère]
V. [Tu viens t'asseoir et tu lances des œillades minaudières]
VI. [La marquise de Coulteray]
VII. [Le marquis]
VIII. [Où l'on reparle de Gabriel]
IX. [Dorga]
X. [L'autre chose]
XI. [«Priez pour elle!»]
XII. [L'homme aux bras rouges]
XIII. [Une mystérieuse blessure]
XIV. [Veillée]
XV. [La catastrophe]
XVI. [La maison de campagne de Bénédict Masson]
XVII. [La septième]
XVIII. [Des nouvelles de la marquise]
XIX. [La preuve]
XX. [Ce qu'il advint de la septième]
XXI. [«Je suis innocent!»]
XXII. [Dernières nouvelles de la marquise]
XXIII. [Le château de Coulteray]
XXIV. [Drouine, gardien des morts]
XXV. [Minuit]
XXVI. [L'échafaud]
LA POUPÉE SANGLANTE
I
DERRIÈRE LES RIDEAUX
Bénédict Masson avait sa boutique dans un des coins les plus retirés, les plus paisibles et aussi les plus vieillots de l'Ile-Saint-Louis. Bénédict Masson était relieur d'art, ce qui ne l'empêchait pas de vendre des cartes postales et de se livrer à un petit commerce de papeterie dans ce quartier désuet, manière de province dans la capitale, qui semble défendue par sa ceinture d'eau de cette éternelle bacchanale que l'on est convenu d'appeler la vie parisienne.
Dans cette rue, dont le nom a été changé depuis, et qui s'appelait—il n'y a pas bien longtemps encore—la rue du Saint-Sacrement-en-l'Isle, à l'ombre de vieux hôtels qui furent, il y a deux siècles, le rendez-vous de tous les beaux esprits, se sont ouverts ou plutôt entr'ouverts une demi-douzaine de boutiques, quelques débits, un modeste magasin d'horlogerie, dans la prétention exorbitante d'y entretenir un semblant de vie... Eh bien! c'est de cette petite rue, habitée par notre relieur, c'est de ce quartier qui semblait ne devoir plus exister que par ses propres souvenirs qu'est sortie l'une des plus prodigieuses aventures de cette époque et, à tout prendre, la plus sublime! Sublime, l'aventure de Bénédict Masson l'a été assurément, car elle fut une Date (avec un grand D) dans l'histoire de l'Humanité, mais en même temps que sublime, elle fut aussi épouvantable... et Paris, qui n'en a surtout connu que l'épouvante, en tressaille encore.