Elle ne souriait plus, elle ne plaisantait plus, Elle paraissait songer à une chose nouvelle qui lui entrait pour la première fois dans l'esprit. Son regard en était illuminé.
—À quoi pensez-vous, Christine?
—Je pense que nous ne nous reverrons plus.
—Et c'est ce qui vous fait si rayonnante?
—Et que, dans un mois, il faudra nous dire adieu... pour toujours!...
—À moins, Christine, que nous nous engagions notre foi et que nous nous attendions pour toujours.
Elle lui mit la main sur la bouche:
—Taisez-vous, Raoul!... Il ne s'agit point de cela, vous le savez bien!... Et nous ne nous marierons jamais! C'est entendu!
Elle semblait avoir peine à contenir tout à coup une joie débordante. Elle tapa dans ses mains avec une allégresse enfantine... Raoul la regardait, inquiet, sans comprendre.
—Mais... mais..., fit-elle encore, entendant ses deux mains au jeune homme, ou plutôt en les lui donnant, comme si, soudain, elle avait résolu de lui en faire cadeau. Mais si nous ne pouvons nous marier, nous pouvons... nous pouvons nous fiancer!... Personne ne le saura que nous, Raoul!... Il y a eu des mariages secrets!.. Il peut bien y avoir des fiançailles secrètes!... Nous sommes fiancés, mon ami, pour un mois!... Dans un mois, vous partirez, et je pourrai être heureuse, avec le souvenir de ce mois-là, toute ma vie!