Ce furent leurs derniers mots ce jour-là.
Il lui baisa les mains et s'en alla en maudissant Erik et en se promettant d'être patient.
[XII]
[AU-DESSUS DES TRAPPES]
Le lendemain, il la revit à l'Opéra. Elle avait toujours au doigt l'anneau d'or. Elle fut douce et bonne. Elle l'entretint des projets qu'il formait, de son avenir, de sa carrière.
Il lui apprit que le départ de l'expédition polaire avait été avancé et que, dans trois semaines, dans un mois au plus tard, il quitterait la France.
Elle l'engagea presque gaiement à considérer ce voyage avec joie, comme une étape de sa gloire future. Et comme il lui répondait que la gloire sans l'amour n'offrait à ses yeux aucun charme, elle le traita en enfant dont les chagrins doivent être passagers.
Il lui dit:
—Comment pouvez-vous, Christine, parler aussi légèrement de choses aussi graves? Nous ne nous reverrons peut-être jamais plus!... Je puis mourir pendant cette expédition!...
—Et moi aussi, fit-elle simplement...