—Oh! oh! fit-il... du sang!... du sang!... Ici... là... encore du sang! Tant mieux!... Un fantôme qui saigne... c'est moins dangereux! ricana-t-il.

—Raoul! Raoul! Raoul!

Le comte le secouait comme s'il eût voulu faire sortir un somnambule de son dangereux sommeil.

—Mais, mon frère, je ne dors pas! protesta Raoul impatienté. Vous pouvez voir ce sang comme tout le monde. J'avais cru rêver et tirer sur deux étoiles. C'étaient les yeux d'Erik... et voici son sang!...

Il ajouta, subitement inquiet:

—Après tout, j'ai peut-être eu tort de tirer, et Christine est bien capable de ne me le point pardonner!... Tout ceci ne serait point arrivé si j'avais eu la précaution de laisser retomber les rideaux de la fenêtre en me couchant.

—Raoul! es-tu devenu subitement fou! Réveille-toi!

—Encore! Vous feriez mieux, mon frère, de m'aider à chercher Erik... car, enfin, un fantôme qui saigne, ça doit pouvoir se retrouver...

Le valet de chambre du comte dit:

—C'est vrai, monsieur, qu'il y a du sang sur le balcon.