—Non, monsieur, dit tristement le Persan, je ne le hais pas. Si je le haïssais, il y a longtemps qu'il ne ferait plus de mal.
—Il vous a fait du mal à vous?...
—Le mal qu'il m'a fait à moi, je le lui ai pardonné.
—C'est tout à fait extraordinaire, reprit le jeune homme, de vous entendre parler de cet homme! Vous le traitez de monstre, vous parlez de ses crimes, il vous a fait du mal et je retrouve chez vous cette pitié inouïe qui me désespérait chez Christine elle-même!...
Le Persan ne répondit pas. Il était allé prendre un tabouret et l'avait apporté contre le mur opposé à la grande glace qui tenait tout le pan d'en face. Puis il était monté sur le tabouret et, le nez sur le papier dont le mur était tapissé, il semblait chercher quelque chose.
—Eh bien! monsieur! fit Raoul, qui bouillait d'impatience. Je vous attends. Allons!
—Allons où? demanda l'autre sans détourner la tête.
—Mais au devant du monstre! Descendons! Ne m'avez-vous point dit que vous en aviez le moyen?
—Je le cherche.
Et le nez du Persan se promena encore tout le long de la muraille.