Le domestique risqua un coup d'œil dans le corridor, et, prestement, disparut.
—Monsieur, fit Raoul, je pense à une chose, c'est qu'on peut très bien nous surprendre ici, et cela évidemment nous gênerait. Le commissaire ne saurait tarder à venir perquisitionner dans cette loge.
—Bah! ce n'est pas le commissaire qu'il faut craindre.
Le Persan avait ouvert la boîte. Il s'y trouvait une paire de longs pistolets, d'un dessin et d'un ornement magnifiques.
—Aussitôt après l'enlèvement de Christine Daaé, j'ai fait prévenir mon domestique d'avoir à m'apporter ces armes, monsieur. Je les connais depuis longtemps, il n'en est point de plus sûres.
—Vous voulez vous battre en duel! interrogea le jeune homme, surpris de l'arrivée de cet arsenal.
—C'est bien, en effet, à un duel que nous allons, monsieur, répondit l'autre en examinant l'amorce de ses pistolets. Et quel duel!
Sur quoi il tendit un pistolet à Raoul et lui dit encore:
—Dans ce duel, nous serons deux contre un: mais soyez prêt à tout, monsieur, car je ne vous cache pas que nous allons avoir affaire au plus terrible adversaire qu'il soit possible d'imaginer. Mais vous aimez Christine Daaé, n'est-ce pas?
—Si je l'aime, monsieur! Mais vous, qui ne l'aimez pas, m'expliquerez-vous pourquoi je vous trouve prêt à risquer votre vie pour elle!... Vous haïssez certainement Erik!