—Pourquoi riez-vous? Vous croyez peut-être avoir entendu une voix d'homme?
—Dame! répondit le jeune homme, dont les idées commençaient à se brouiller devant l'attitude de bataille de Christine.
—C'est vous, Raoul! vous qui me dites cela! un ancien petit compagnon à moi! un ami de mon père! Je ne vous reconnais plus! Mais que croyez-vous donc? Je suis une honnête fille, moi, monsieur le vicomte de Chagny, et je ne m'enferme point avec des voix d'homme, dans ma loge. Si vous aviez ouvert la porte, vous auriez vu qu'il n'y avait personne!
—C'est vrai! Quand vous avez été partie, j'ai ouvert cette porte et je n'ai trouvé personne dans la loge...
—Vous voyez bien... alors?
Le comte fit appel à tout son courage.
—Alors, Christine, je pense qu'on se moque de vous!
Elle poussa un cri et s'enfuit. Il courut derrière elle, mais elle lui jeta, dans une irritation farouche:
—Laissez-moi! laissez-moi!
Et elle disparut. Raoul rentra à l'auberge très las, très découragé et très triste.