—M. de Chagny! fit-elle joyeusement en tendant les deux mains au visiteur... Ah! c'est le ciel qui vous envoie!... nous allons pouvoir parler d'elle.

Cette dernière phrase sonna aux oreilles du jeune homme bien lugubrement. Il demanda tout de suite:

—Madame... où est Christine?

Et la vieille dame lui répondit tranquillement:

—Mais, elle est avec son «bon génie»!

Quel bon génie? s'écria le pauvre Raoul.

—Mais l'ange de la musique!

Le vicomte de Chagny, consterné, tomba sur un siège. Vraiment, Christine était avec l'ange de la musique! Et la maman Valérius, dans son lit, lui souriait en mettant un doigt sur sa bouche, pour lui recommander le silence. Elle ajouta:

—Il ne faut le répéter à personne!

—Vous pouvez compter sur moi! répliqua Raoul sans savoir bien ce qu'il disait, car ses idées sur Christine, déjà fort troubles, s'embrouillaient de plus en plus et il semblait que tout commençait à tourner autour de lui, autour de la chambre, autour de cette extraordinaire brave dame en cheveux blancs, aux yeux de ciel bleu pâle, aux yeux de ciel vide... Vous pouvez compter sur moi...»