—Ah! ces vieilles servantes!... c'est bien dévoué, mais parfois c'est bien encombrant. Elle a dû vous en conter, des histoires!... Elle est un brin toquée, vous savez!... Ces deux morts à l'Académie lui ont brouillé la cervelle...

—Il faut l'excuser, répliqua Hippolyte Patard... Il y en a d'autres à Paris qui ont plus d'instruction qu'elle et qui en sont encore tout affolés. Mais je suis heureux, mon cher collègue, de voir qu'un si déplorable événement, qu'une aussi affreuse coïncidence...

—Oh! moi, je ne suis pas superstitieux, vous savez!...

—Sans être superstitieux... murmura le pauvre Patard, qui restait profondément ému de tous les cris et de toutes les terreurs de Babette...

—Monsieur le secrétaire perpétuel, j'ai entendu, ici même, comme vous l'a raconté ma vieille folle de gouvernante, M. Maxime d'Aulnay, l'avant-veille de sa mort; je puis vous dire, en toute confidence, qu'il avait été très frappé du décès subit de M. Mortimar après les menaces publiques de cet Eliphas... M. Maxime d'Aulnay avait une maladie de cœur...

Quand il a reçu, comme M. Mortimar la lettre envoyée certainement par quelque sinistre plaisant, il a dû ressentir un coup terrible, malgré sa bravoure apparente. Avec une embolie, il n'en faut pas davantage...

M. Hippolyte Patard se leva; sa poitrine dilatée se gonfla d'air et il poussa un de ces soupirs qui semblent rendre la vie aux plongeurs qui ont disparu, un temps anormal, sous les eaux.

—Ah! monsieur Martin Latouche! dit-il, quel soulagement de vous entendre parler ainsi!... Je ne vous cache pas qu'avec toutes les histoires de votre Babette, je commençais moi même à douter de la simple vérité qui doit cependant crever les yeux à tout homme de bon sens!...

—Oui! oui! ricana doucement Martin Latouche... je vois ça d'ici... le vielleux!... les souvenirs de l'affaire Fualdès... mes rendez-vous avec MM. Mortimar et d'Aulnay... leur mort qui s'ensuit... les phrases terribles prononcées dans mon petit bureau mystérieux...

—C'est vrai! interrompit Hippolyte Patard... je ne savais plus que penser...