Mais Lalouette qui avait maintenant la liberté de sortir n'en profita pas.

—Encore un mot, mon cher maître... et vous aurez soulagé ma conscience à un point que vous ne pouvez soupçonner mais que je me permettrai de vous expliquer plus tard.

—Qu'est-ce? interrogea aussitôt Loustalot en redressant l'oreille et en s'arrêtant sur le palier—voici. Ceux qui ont dit que l'Eliphas avait pu assassiner Martin Latouche avec la chanson qui tue ont, toujours d'après le secret de Toth qui parle de la puissance mortelle de la lumière, prétendu que Maxime d'Aulnay avait été tué à coups de rayons.

—A coups de rayons! Décidément il faut vous enfermer!

—Pourquoi à coups de rayons?

—Oui, on lui aurait envoyé dans l'œil, à l'aide d'un appareil spécial, des rayons préalablement empoisonnés, et il en serait mort. A l'appui de leur dire, ceux-ci affirment qu'un rayon est venu frapper Maxime d'Aulnay pendant qu'il lisait son discours... et que M. d'Aulnay a fait, avant de tomber foudroyé, le geste de celui qui veut chasser de son visage une mouche ou se garantir tout à coup d'un éclat lumineux qui le gêne.

—Ah! ça... c'est envoyé! Pan! dans l'œil!

—Enfin, le secret de Toth permet encore de tuer par la bouche ou par le nez. Ces fous, car je vois bien que l'on ne saurait leur donner un autre nom, ces fous, mon cher maître, ont choisi pour Jehan Mortimar la mort par le nez!

—Ils ne pouvaient mieux faire, monsieur! déclara le grand Loustalot, pour le poète des Parfums tragiques.

—Oui, les parfums sont quelquefois plus tragiques qu'on ne le pense.