—Hortense!
—Riez, mon cher maître, riez! mais je veux vous faire rire jusqu'au bout. Ces messieurs prétendent que la première lettre qui fut apportée à Jehan Mortimar avec la terrible inscription sur les parfums, est authentique, tout à fait de l'écriture d'Eliphas, tandis que la seconde n'est que l'envoi d'un mauvais plaisant. Dans sa lettre, Eliphas avait enfermé un poison subtil tel que celui des Borgia dont vous avez certainement entendu parler—Poil au nez!
On aurait pu croire que la façon si méprisante avec laquelle le grand Loustalot croyait devoir répondre aux questions si sérieuses de M. Gaspard Lalouette finit par lasser la patience et la politesse de l'expert-antiquaire marchand de tableaux, mais, bien au contraire, il arriva que, ne se tenant plus de joie, M. Lalouette saisit le grand Loustalot dans ses bras et le combla de caresses. Il l'embrassait pendant que l'immense petit savant ruait de toutes ses petites jambes.
—Laissez-moi! criait-il, laissez-moi! ou je vous fais dévorer par mes chiens.
Mais—hasard miraculeux—les chiens n'étaient plus là et le bonheur de M. Lalouette paraissait à son comble.
—Ah! quel soulagement! s'écriait-il, que c'est bon!... que vous êtes bon! que vous êtes grand!... quel génie!
—Vous êtes fou! fit Loustalot en se dégageant enfin, furieux, ne sachant pas ce qui lui arrivait.
—Non! ce sont eux qui sont fous! Répétez-le-moi, mon cher maître, et je m'en vais.
—Évidemment! ce sont des tous fous!
—Ah! ah! des tous fous! je le retiens: des tous fous.