—Je crois pouvoir affirmer qu'il en aura… Mais la galerie est claire, et puis, maintenant, je sais… ou du moins mon cerveau sait… alors mes yeux verront…

—S'il ne s'agit que de le voir et de le laisser échapper… pourquoi nous être armés?

—Parce que, mon cher, si l'homme de la «Chambre Jaune» et de la «galerie inexplicable» sait que je sais, il est capable de tout! Alors, il faudra nous défendre.

—Et vous êtes sûr qu'il viendra ce soir?…

—Aussi sûr que vous êtes là!… Mlle Stangerson, à dix heures et demie, ce matin, le plus habilement du monde, s'est arrangée pour être sans gardes-malades cette nuit; elle leur a donné congé pour vingt-quatre heures, sous des prétextes plausibles, et n'a voulu, pour veiller auprès d'elle, pendant leur absence, que son cher père, qui couchera dans le boudoir de sa fille et qui accepte cette nouvelle fonction avec une joie reconnaissante. La coïncidence du départ de M. Darzac (après les paroles qu'il m'a dites) et des précautions exceptionnelles de Mlle Stangerson, pour faire autour d'elle de la solitude, ne permet aucun doute. La venue de l'assassin, que Darzac redoute, Mlle Stangerson la prépare!

—C'est effroyable!

—Oui.

—Et le geste que nous lui avons vu faire, c'est le geste qui va endormir son père?

—Oui.

—En somme, pour l'affaire de cette nuit, nous ne sommes que deux?