—il se peut que la fenêtre n'ait point été refermée «tout de suite», me répondit le jeune reporter. Mais, s'il a refermé la fenêtre, il l'a refermée à cause du coude que fait le sentier garni de gravier, à vingt-cinq mètres du pavillon, et à cause des trois chênes qui s'élèvent à cet endroit.

—Que voulez-vous dire?» demanda M. Robert Darzac qui nous avait suivis, et qui écoutait Rouletabille avec une attention presque haletante.

«Je vous l'expliquerai plus tard, monsieur, quand j'en jugerai le moment venu; mais je ne crois pas avoir prononcé de paroles plus importantes sur cette affaire, si mon hypothèse se justifie.

—Et quelle est votre hypothèse?

—Vous ne la saurez jamais si elle ne se révèle point être la vérité. C'est une hypothèse beaucoup trop grave, voyez-vous, pour que je la livre tant qu'elle ne sera qu'hypothèse.

—Avez-vous, au moins, quelque idée de l'assassin?

—Non, monsieur, je ne sais pas qui est l'assassin, mais ne craignez rien, monsieur Robert Darzac, je le saurai

Je dus constater que M. Robert Darzac était très ému; et je soupçonnai que l'affirmation de Rouletabille n'était point pour lui plaire. Alors, pourquoi, s'il craignait réellement qu'on découvrît l'assassin (je questionnais ici ma propre pensée), pourquoi aidait-il le reporter à le retrouver? Mon jeune ami sembla avoir reçu la même impression que moi, et il dit brutalement:

«Cela ne vous déplaît pas, monsieur Robert Darzac, que je découvre l'assassin?

—Ah! je voudrais le tuer de ma main! s'écria le fiancé de Mlle Stangerson, avec un élan qui me stupéfia.