—Je vous crois! fit gravement Rouletabille, mais vous n'avez pas répondu à ma question.»
Nous passions près du bosquet, dont le jeune reporter nous avait parlé à l'instant; j'y entrai et lui montrai les traces évidentes du passage d'un homme qui s'était caché là. Rouletabille, une fois de plus, avait raison.
«Mais oui! fit-il, mais oui!… Nous avons affaire à un individu en chair et en os, qui ne dispose pas d'autres moyens que les nôtres, et il faudra bien que tout s'arrange!»
Ce disant, il me demanda la semelle de papier qu'il m'avait confiée et l'appliqua sur une empreinte très nette, derrière le bosquet. Puis il se releva en disant: «Parbleu!»
Je croyais qu'il allait, maintenant, suivre à la piste «les pas de la fuite de l'assassin», depuis la fenêtre du vestibule, mais il nous entraîna assez loin vers la gauche, en nous déclarant que c'était inutile de se mettre le nez sur cette fange, et qu'il était sûr, maintenant, de tout le chemin de la fuite de l'assassin.
«Il est allé jusqu'au bout du mur, à cinquante mètres de là, et puis il a sauté la haie et le fossé; tenez, juste en face ce petit sentier qui conduit à l'étang. C'est le chemin le plus rapide pour sortir de la propriété et aller à l'étang.
—Comment savez-vous qu'il est allé à l'étang?
—Parce que Frédéric Larsan n'en a pas quitté les bords depuis ce matin. Il doit y avoir là de fort curieux indices.»
Quelques minutes plus tard, nous étions près de l'étang.
C'était une petite nappe d'eau marécageuse, entourée de roseaux, et sur laquelle flottaient encore quelques pauvres feuilles mortes de nénuphar. Le grand Fred nous vit peut-être venir, mais il est probable que nous l'intéressions peu, car il ne fit guère attention à nous et continua de remuer, du bout de sa canne, quelque chose que nous ne voyions pas…