«Avec Larsan, on n’est jamais sûr d’une chose pareille. Où est le cadavre?»
M. Darzac répondit:
«Demandez-le à Mme Darzac. Moi, je veux l’avoir oublié. Je ne sais plus rien de cette affreuse affaire. Quand le souvenir de ce voyage atroce avec cet homme à l’agonie, ballottant dans mes jambes, me reviendra, je dirai: c’est un cauchemar! Et je le chasserai!… Ne me parlez plus jamais de cela. Il n’y a plus que Mme Darzac qui sache où est le cadavre. Elle vous le dira, s’il lui plaît.
— Moi aussi, je l’ai oublié, fit Mme Darzac. Il le faut.
— Tout de même, insista Rouletabille, qui secouait la tête, tout de même, vous disiez qu’il était encore à l’agonie. Et maintenant, êtes-vous sûr qu’il soit mort?
— J’en suis sûr, répondit simplement M. Darzac.
— Oh! c’est fini! c’est fini! N’est-ce pas que tout est fini? implora Mathilde. (Elle alla à la fenêtre.) Regardez, voici le soleil!… Cette atroce nuit est morte! morte pour toujours! C’est fini!»
Pauvre Dame en noir! Tout son état d’âme était présentement dans ce mot-là: «C’est fini!…» Et elle oubliait toute l’horreur du drame qui venait de se passer dans cette chambre devant cet évident résultat. Plus de Larsan! Enterré, Larsan! Enterré dans le sac de pommes de terre!
Et nous nous dressâmes tous, affolés, parce que la Dame en noir venait d’éclater de rire, un rire frénétique qui s’arrêta subitement et qui fut suivi d’un silence horrible. Nous n’osions ni nous regarder ni la regarder; ce fut elle, la première, qui parla:
«C’est passé… dit-elle, c’est fini!… c’est fini, je ne rirai plus!…»